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La culture du pommier et du poirier en pays d’Auge |
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L’inventaire des haies de Montviette a confirmé que le pommier et le poirier sont spontanés avant d’être cultivés. Les mentions écrites attestent des soins apportés à ces arbres et de leur utilisation aussi ancienne que la fabrication du cidre. D’après Christophe Maneuvrier et des témoignages.
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L’histoire du pommier en pays d’Auge
Pommiers et poiriers poussent à l’état sauvage dans les bois. Mais ces fruits sauvages, de petite dimension, étaient très durs et pratiquement impropres à la fabrication du cidre. Les premières mentions de pommiers cultivés remontent à l’an 868. Ainsi, le nom de l’ancienne chapelle de la Pommeraye atteste de la culture de pommiers. A Montviette, au XIXe siècle, on allait chercher des pommiers sauvages dans un petit bois de la commune pour ensuite les greffer. Le naturaliste Durand-Duquesney en 1846 décrit une théorie selon laquelle deux types de pommiers existent dans les bois : ‘Malus communis’ serait le pommier cultivé aux pommes mangeables, le ‘Malus acerba’ serait le pommier sauvage, ancêtre commun de tous les pommiers.
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 Poirier en espalier |
Les traces dans les archives
D’après les archives des impôts perçus en 1750, «la paroisse contient 124 taillables. Le terroir est de différente nature dont partie en coteaux et le surplus vallons et la plus grande partie plantée de pommiers qui produisent une partie du revenu». une enquête dans le cimetière en 1804 indique 10 pommiers et 8 poiriers plantés ; leur production permet d’en retirer 25 francs. Suite à la séparation des biens de l’église et de l’état, la municipalité de Montviette signe en 1907 un bail pour la location du presbytère : «Le preneur desservant s’engage à tailler les espaliers et autres arbres à fruits et à tondre les haies une fois par an».
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 Poirier sauvage |
La culture du poirier, éclipsée par le pommier
Les inventaires menés à Montviette révèlent encore la présence de trois poiriers sauvages, vestiges des essences utilisées par Jean Haguais. Le 11 décembre 1482, cet homme, tourneur et faiseur de vaisselle de bois et Marion, sa femme, natifs de Sainte-Marguerite-de-Viette, vendent à un certain Thomas Gibbon, également tourneur de vaisselle de bois, toute la vaisselle qu’il fabriquera, à savoir écuelles et plateaux en poirier et tranchoirs (extrait de Tabellionage de Longny). Le bois du poirier greffé servait à l’ébénisterie pour des meubles, des rabots. Ses fruits servaient à faire de l’eau-de-vie et du poiré. Il pouvait être greffé sur cognassier.
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 Pommier sauvage |
Du ‘sauvageon’ au pommier
Le pommier sauvage était appelé ‘boquet, boquetier’ ou encore ‘suret, sauvageon’ pour le distinguer du pommier cultivé et à cause de l’acidité de ses fruits (Abbé Toussaint, Bulletin des amis des sciences naturelles de Rouen, 1906). Alors que l’image de la vache sous les pommiers est un cliché remontant seulement au XIXe siècle, les champs plantés de pommiers sont par contre une réalité bien plus ancienne. Sa culture et ses usages ont perduré et ont été recueillis lors de nombreuses enquêtes à travers tout le pays d’Auge. Les pommiers étaient plantés aux Cendres. Dans le trou était placé une branche de « vigno » (ajonc) ou de bruyère. Un autre témoin raconte qu’on greffait ‘les pépins’ (pommiers, poiriers) sur l’épine blanche (aubépine).
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