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Les petits usages du noisetier |
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Du 'pique-chou' au coude à tendre les peaux de lapins, le paysan a imaginé mille petits usages au bois de noisetier appelé aussi coude, coudre, coudrier...
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 Les outils |
Utile aux paysans
Les noms normands du noisetier sont le coudre ou le noisier de noix. Les fruits s’appellent noisilles, diminutif de noix, et trochelets, du normand troche, bouquet : les fruits sont soudés ensemble et forment un petit bouquet. Le coudrier fournit le bois pour les outils du jardin : pique-choux, baguette pour planter les poireaux, piquets à tomates, manche d’outils, rames à haricots et à pois. Il sert aussi aux autres tâches des paysans : baguette pour tendre les peaux de lapins, baguette de sourcier, bois de chauffage, fourchet pour saper le talus. 'J’ai vu des porte-couteaux taillés dans des baguettes de noisetier '. |
 Feuillage |
Les dictons
Si Saint Jean fait sa disette, aux coudriers pas de noisettes... A la Madeleine, la noisette est pleine. Attends Saint Laurent pour fouiller dedans... Saint Jean sous la pluie, noisette pourrie... Tels sont quelques dictons qui servent de repères aux augerons. Un autre met en garde contre le pouvoir de l’arbre : Si tu vas cueillir la noisette avec une fille au bois, prends garde que la coudrette relève sa chemisette. Vous pourriez revenir trois. Le coudrier est un arbre dédié à la Vierge, celui qui abrite Marie surprise par un orage quand elle visite Elisabeth. |
 Chez le boulanger |
La souche du boulanger
C’est dans la boulangerie que s’est perpétué l’un des plus anciens systèmes de comptabilité. Le boulanger se munit d’un bâton de coudre ou bourdaine, long d’environ 25 cm, fendu en deux, à l’exception d’une extrémité de 5 cm qui reste entière. Sur cette partie sont écrits le nom et l’adresse du consommateur. La partie la plus longue porte le nom de 'souche' et elle est conservée par le boulanger ; la partie la plus courte, appelée ' échantillon', est la propriété du client. A chaque livraison, on adapte l’échantillon à la souche et, sur les deux parties réunies, on fait avec un couteau un cran ou ôche. D’après Jean Seguin, 'Vieux mangers, vieux parlers bas-normands'. |
 La fabrication des fagots |
Fagots et fascines
Les branches provenant de l’élagage des haies étaient taillées sur le billot et placées sur le métier. On prenait soin de placer d’abord les plus grosses branches qui formaient ‘le parement’. Le serrage était obtenu par un moulinet à crémaillère mû par une tavelle et qui entraînait une chaîne. Lorsque le fagot était suffisamment serré, la crémaillère était bloquée par un cliquet métallique, ‘le renard’, et on liait les branches avec un fil de fer ou un hard. Le hard est une tresse de bois en coudre ou en saule, qui liait les bourrées, fagot de menues branches, et vendues surtout aux boulangers. Le fagot est fabriqué au ‘métier’ alors que les fascines sont serrées au pied, liées au coudre ou plus tard au fil de fer.
D’après J. Maneuvrier et M. Cottin, ‘Les petits métiers de la forêt’, Histoire et Traditions Populaires Le Billot. | |
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