La 'Bleue de la Manche' |
|

|
|
Apparue en Cotentin au début du XXe siècle, la pomme de terre 'Bleue de la Manche' a ensuite été cultivée dans l’Orne et le Calvados. Après 1950, elle disparaît presque. Non, pas tout à fait…
|
 Culture de la pomme de terre |
Truffe anglaise ou morelle
Ce tubercule est ramené du Chili à la fin du XVIe siècle. A son arrivée, la seule plante alimentaire souterraine connue est la truffe. Elle sera donc appelée 'truffe anglaise' et 'morelle'. Une partie des Français la craint et la soupçonne de transmettre la lèpre. Mais les terribles famines de la deuxième moitié du XVIIIe siècle imposent la pomme de terre comme plante de disette. En 1769, dans l’est de la France Parmentier, et avant lui Jean-François Mustel en Normandie, s’ingénient à propager sa culture. Il faut attendre le milieu du XIXe siècle pour que la culture de la pomme de terre se généralise en Normandie. Et encore ! Le pays d’Auge la boude plus longtemps. Peut-être est-ce à l’occasion d’introduction de nouvelles variétés, provenant d’Angleterre ou d’Amérique du Nord, que la pomme de terre à chair bleue apparaît en Cotentin. Elle restera une culture régionale, la semence passant de main à main. Après 1960, sa culture diminue jusqu’à devenir confidentielle. |
 Bleue avec un liseré blanc |
Description
C’est un gros tubercule à la peau noire bleuté. Sa chair est violet pourpre. Le signe remarquable de cette pomme de terre est un liseré blanc presque pur et régulier dessiné immédiatement sous la peau. Sa fleur est nuancée de bleu et blanc, même la tige et le germe sont bleu marine. |
 Bleue à la cuisson |
Du ragoût au repas de fêtes
A la cuisson, la chair devient d’un bleu lavande unique qu’elle conserve. Le nom de 'Bleue de la Manche' lui vient sans doute de son lieu d’origine ou d’introduction. C’est aussi en Cotentin qu’on la cultive le plus, destinée à la consommation humaine, cuisinée le plus souvent en ragoût et en salade. Certaines familles lui laissent même une place de choix en la réservant à la confection de 'paillassons' pour les repas de fêtes. |
 Fleur de la 'Bleue de la Manche' |
Donnée aux cochons
Dans l’Orne et dans le Calvados il est plus rare de la servir à table : elle est cultivée pour l’alimentation du bétail. Cuite en chaudron pour l’engraissement des cochons, elle est donnée aux vaches dans la région de Flers. Seuls les gamins qui s’occupent de nourrir les animaux gardent le souvenir de 's’en être régalés, mangées comme ça, toutes chaudes dans le chaudron'. |