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Rocailles et rocailleurs |
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Dès la Renaissance, un type d’architecture ‘rustique’ s’impose dans l’art des jardins, où grottes, rochers artificiels et décors à base de coquillages sont créés dans les parcs des châteaux. Le XIXème siècle apporte un renouveau dans l’art de la rocaille.
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 Un escalier Dosso |
Une mode qui date de la Renaissance
S’inspirant du paysage de montagne, les rocailleurs s’attachent à imiter la flore et les rochers. La mode est lancée vers 1835 dans les jardins publics ; la première réalisation fut les Buttes Chaumont à Paris. Vers 1840, l’invention du ciment Portland, le premier à adhérer sur le fer, relance l’art de la rocaille qui va s’imposer alors dans les jardins privés. L’immigration italienne, entre 1850 et 1940, amène de la main d’œuvre pour le bâtiment. Spécialistes du ciment armé, inconnu en Normandie, les immigrés italiens s’installent dans les zones rurales. Quelques uns s’essaient à la fabrication de rochers et de faux-bois. Autour des villes et des bourgs se construisent d’imposantes propriétés aux jardins pittoresques. Les cimentiers italiens, puis des français formés à l’art de la rocaille, vont rivaliser d’imagination dans la création de grottes, kiosques, bassins, ponts et accessoires : balustrades, vases, niches, etc… |
 Le catalogue Dosso |
L’art de la rocaille en Normandie
En Normandie des Italiens vont créer des entreprises connues aujourd’hui encore comme Dosso à Bayeux. A Saint-Pierre-sur-Dives, la famille Frezza va participer à la création de constructions en faux-bois. Le dernier cimentier connu à Saint-Pierre-sur-Dives vers 1950, tenait son atelier rue de Falaise. Son nom ‘Blaise cimentier’ est encore lisible sur l’enseigne peinte sous le balcon en faux-bois. La ‘spécialité’ des rocailleurs divais fut surtout la construction de grottes imposantes, parfois à deux niveaux. Elles sont constituées de roches assemblées au ciment, provenant selon les témoignages de la carrière du Rocreux sur la commune de Berville. Cette carrière avait fourni les pierres pour la construction de l’abbatiale. La pierre du Rocreux est une roche rousse aux nuances qui vont de l’ocre au brun sombre. |
 Une grotte à Saint-Pierre-sur-Dives |
Grottes, rochers et serre tropicale
Les rocailles apparaissent lors des visites de jardins faites par la Société d’Horticulture de Lisieux à Saint-Pierre-sur-Dives au XIXème siècle. En 1885, le jardin de M. Poutrel présente deux bassins dont l’un doit être entouré de rocailles. En 1891, la serre attire les compliments : ‘par sa disposition ingénieuse, ses rocailles artistiquement disposées, elle rappelle certaines serres du Jardin d’Acclimatation. Des camélias à profusion, des palmiers, des Salvias, des bananiers, toute une végétation exotique, au-dessus d’un gazon de Lycopodes traversé par un élégant ruisseau, rien n’y manque pour en faire un délicieux jardin d’hiver.’ En 1895, M. Carbonnet reçoit une médaille car ‘il arrive avec du ciment et des acides à faire des imitations de pierres, de branches de bois entourés de leur écorce.’ |
 Au calvaire de Saint-Martin-de-Fresnay |
Jusque dans les cimetières
L’art de la rocaille ne se limite pas à l'aménagement des jardins prestigieux. Jusqu’en 1940, les cimentiers vont aussi fabriquer nombre d’accessoires comme jardinières et niches à chien. L’art religieux va faire aussi une large place aux décors de rocailles et de faux-bois. Calvaires, grottes ‘de Lourdes’, et même des tombeaux comme à Bellou (Livarot) vont s’orner de ces mêmes pratiques. | |
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