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Les plantes vétérinaires |
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Pour fortifier, engraisser et soigner ses bêtes, la fermière va ramasser sur les talus, le long des chemins ou cultive en un coin du jardin des plantes ‘vétérinaires’. Pour tenir en bonne santé la basse-cour comme les chevaux de trait, sans oublier chats et chiens, le jardin et la campagne environnante fournissent les plantes nécessaires.
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Pour élever la basse-cour
Les poussins sont ‘démarrés’ avec une préparation de farine d’orge et d’herbe à Robert ramassée le long des talus. Pour ‘passer le rouge’ des dindes ou des ‘picots’, on mêle à leur nourriture de la graine d’ortie. L’engraissement des canards utilise aussi les feuilles de l’ortie ou de consoude hachées dans leur pâtée. Traditionnellement, la première oie est consommée à la Toussaint, engraissée avec les pommes tombées sous les arbres. Il ne faut pas mettre de poule à couver quand les cerisiers défleurissent sinon les œufs sont clairs. ‘A la nouvelle lune, les œufs ça s’en va en s’étiolant. On met alors trois rameaux d’absinthe fraîche mais bien sèche sous les œufs’. ‘Du rièbe donné aux oies ça les fortifie !’ |
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Pour soigner les chevaux
Cette pratique dite des ‘sétons’ est aussi appliquée aux chevaux, mais le plus souvent par le maréchal-ferrant : le morceau de racine est passé sous la peau à l’arrière du paturon. H. C. Debry, dans ‘Le vétérinaire moderne’, écrit que ‘pour les tranchées rouges des chevaux, dès que la maladie est déclarée, administrer des boissons chaudes : café, thé, camomille, tilleul’. Pour sevrer les poulains, on mettait de l’argile et du vinaigre sur les mamelles de la jument. Quant au cochon, il fait ‘du lard’ en mangeant chaque jour des pommes de terre ou des topinambours, mélangés à de la farine d’orge. On lui donne aussi de la farine d’orge et des orties coupées ou de la consoude cueillie le long des chemins. |
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Plante à ‘herber les veaux’
Quand les petits veaux ont la diarrhée, on leur fait boire de la ‘tisane de foin’ ou une décoction de benoîte. Si l’animal ne se remet pas assez vite, il faut alors aller au jardin chercher la plante ‘à herber les veaux’. Voici comment on procédait : ‘Pour chasser les humeurs chez les veaux maladifs ou ayant le nombril enflammé, on arrachait au jardin deux morceaux de racine d’hellébore. Ils étaient tressés avec des fibres de chanvre puis enduits de beurre salé. La peau de la gorge du veau appelée fanon était percée d’un trou. On y introduisait la tresse que l’on nouait lâchement. La tresse restait en place dix à quinze jours. Les enfants avaient la charge de remuer la tresse au moins une fois par jour pour drainer les humeurs. Ce geste se faisait au moment du nourrissage des veaux’. |
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Chiens, chats et compagnie
Pour ‘passer le gros ventre’ des lapins, un fermier cultivait dans son jardin à la Chapelle-Yvon ‘des navets sauvages’, en réalité de la bourse à Pasteur. Quand la lapine a fait ses petits : ils sont cachés dans la paille. Pour les compter, la fermière se frotte les mains de thym frais et plonge sa main dans le nid. Ainsi la mère n’abandonnera pas ses petits. Lorsqu’elle enlève sa portée à la chatte, la fermière prend la précaution de lui frotter les mamelles d’une poignée de persil. D’autres donnent à manger à la chatte une omelette au persil. Au jardin est cultivée une touffe de tanaisie qui sert de litière dans la niche du chien. Elle chasse tiques et puces. Un garde-chasse se souvient avoir sauvé sa chienne mordue par une vipère en appliquant immédiatement sur la morsure des feuilles de bardane. | |
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