

|
Le tilleul, arbre de la Liberté |
|

|
|
Le tilleul a quitté la haie pour se retrouver sur la place du marché, dans les fermes laitières ou sur les bateaux. Arbre remède pour soigner la fièvre, il aura aussi le privilège d’être l’Arbre de la Liberté planté à Montviette lors de la Révolution.
|
 Le marché de Livarot |
Au marché ou près de la laiterie
Depuis la Révolution, le marché du Billot, chaque samedi, se déroule de façon anarchique. Aussi le maire prend-il le 21 novembre 1817, un arrêté municipal fixant la réglementation du marché : ‘Article 3 : Le beurre sera vendu dans la partie du marché comprise entre celle assignée au chanvre, lin et fil (entre les deux rangées de tilleuls) et le poids public.’ ‘Article 5 : Les volailles continueront d’être vendues sous les tilleuls près de la boucherie.’ Le tilleul est planté près des laiteries car c’est un arbre froid. Il ajoutait encore un peu de fraîcheur à la fontaine. L’été, on y mettait au frais le beurre et la crème. |
 Tilia sp. |
Un arbre révolutionnaire
À Montviette, en 1791 est planté l’arbre de la Liberté. Contrairement à la coutume, il ne s’agit pas d’un peuplier mais d’un tilleul à petites feuilles. Il est planté à côté du cimetière. Le 4 avril 1794, le curé de Montviette, Jean-Baptiste Cabasson, comparait devant le Comité de surveillance de Montviette. Ce comité lui reproche de ne pas avoir été assez républicain. Pour se défendre, le curé Cabasson précise : ‘J’ai aidé à la plantation de l’arbre de la liberté et fourni de l’eau-de-vie à ceux qui l’ont planté.’ Le curé ne précise pas de quel arbre il s’agit, c’est la tradition orale qui a conservé la mémoire de ce tilleul planté au chevet de l’église. |
 |
Du tilleul à la toile
Le tilleul, en ‘vieux françois’ teilleul, a donné son nom à plusieurs paroisses. L’écorce de cet arbre servait jadis à faire de gros cordages, d’où le verbe teiller qui indique primitivement l’opération au moyen de laquelle on brisait cette écorce afin d’en détacher les fibres textiles. Ailleurs, on conservera ce verbe pour exprimer semblable opération faite sur la tige du chanvre. D’après Solange et Henri Paumier ‘Contribution à l’histoire du textile normand‘, Histoire et Traditions Populaires Le Billot, avril 1993. Le Docteur Jean Fournée écrit dans ‘Le culte populaire et l’iconographie des Saints en Normandie’ que quatre paroisses normandes portant le nom du Tilleul sont sous le titre de Saint Martin. Or le tilleul était autrefois un arbre bienfaisant protégeant contre les maléfices. Il se pourrait fort bien que le culte de Saint Martin soit venu christianiser un tilleul sacré. |
 Soigner les enfants fiévreux |
A la Saint Jean cueillir les fleurs
L’usage du tilleul est répandu dans tout le pays d’Auge. Ses fleurs sont mises à sécher à l'ombre dans une pièce très aérée. Conservées dans des sachets de papier ou des boîtes en bois, elles sont consommées en tisane après le repas du soir pour bien digérer et mieux dormir. On soigne la fièvre avec du tilleul, des bourgeons de cassis, la menthe en tisane. Pour guérir la rougeole, on gardait les enfants neuf jours au lit en leur faisant boire des infusions de tilleul. | |
|