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‘Dis-moi qui tu haies...’ |
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Les groupements d'arbres présents dans la haie permettent de distinguer 4 types de haies. La présence d’une espèce n’a pas le même sens si elle est isolée ou si elle est majoritaire au sein de la haie. D’après Christophe Maneuvrier ‘ Paysages et sociétés rurales au Moyen Age : le Pays d’Auge jusqu’à la fin du XIIIe siècle ’, Université de Caen.
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La haie de houx, une haie médiévale
Le houx s’adapte presque indifféremment à tous les types de sols. Sa présence ou son absence est donc en rapport avec l’histoire. La datation de ces haies est difficile à établir. Elles sont toutes plantées sur des talus puissants précédés de fossés. Les haies de houx étaient destinées à l’origine à protéger les champs cultivés des troupeaux qui pâturaient les bruyères communes. Les sources écrites sont nombreuses à souligner le rôle de cet arbuste dans les clôtures du pays d’Auge médiéval. Il présente plusieurs avantages : ses piquants protègent la parcelle contre le passage d’animaux sauvages ou domestiques et son bois est recherché pour la fabrication de manches d’outils. Il est toujours vert, chargé d’une forte valeur symbolique. Comme le buis, il protège le bétail et la récolte des forces maléfiques. |
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La haie à ormes et à aubépines, une haie moderne
Aujourd’hui, les haies pourvues en grande quantité d’aubépine y associent souvent des noisetiers, des chèvrefeuilles, des frênes, des chênes et des ormes. Ce type de haie, attestée dans la région dès le XVIe siècle, semble avoir été à l’origine constituée majoritairement d’aubépines et d’ormes que la graphiose a fait disparaître. L’influence du milieu forestier est souvent très nette dans ces haies d’aubépines, puisque l’on y trouve fréquemment tamier, fusain, bouleaux, genêts et ajoncs, accompagnés de fougères. Ces haies ne sont pas les plus anciennes de Montviette. Certains relevés montrent en effet que les haies de houx, longues de plusieurs centaines de mètres, ont été réparées sur de courtes distances avec des aubépines. |
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La haie lisière
Toutes les haies lisières sont pourvues d’un très grand nombre de ligneux forestiers : bouleau, ajonc, troène, daphné lauréole, tamier, fréquemment associés à des fougères. Elles sont presque toujours installées sur des talus non précédés de fossé, et sont rarement taillées en têtard. Toutes sont localisées à proximité immédiate des massifs boisés actuels. Le nombre important d’espèces ligneuses présentes dans ces haies n’est pas révélateur de l’âge de la haie, puisqu’il est directement lié à son origine forestière. Il est donc impossible d’attribuer ces haies à une phase chronologique plutôt qu’à une autre. |
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La haie de charmes, caractéristique du XIXe siècle
Le développement du charme dans les haies augeronnes est lié à la persistance de ses feuilles durant une partie de l’hiver et à sa facilité d’entretien. Il doit aussi beaucoup à la réglementation actuelle qui interdit de planter l’aubépine. Mais son essor est directement lié aux nouvelles fonctions acquises par la haie au XIXe siècle. Depuis la mise en herbe, la haie a d’abord pour fonction de maintenir le bétail dans un herbage. L’arrivée de nouveaux combustibles réduit l’importance du bois de chauffage. Ayant besoin de haies denses et basses, les agriculteurs se mirent à planter des haies de charmes, taillés non plus en têtard mais en cépée. | |
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