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L'aubépine |
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 Crataegus oxyacantha |
Un peu de linguistique
Le nom normand de l'aubépine est 'chenellier', qui serait dérivé de coccinella, cochenille, à cause de ses fruits d’un beau rouge. Elle est aussi appelée l'épine blanche. En Normandie, elle partage aussi avec le prunellier le nom d’épinette, qui désigne un buisson épineux. |
 Les fruits de l'orme |
La haie à ormes et à aubépines
Aujourd’hui, les haies pourvues en grande quantité d’aubépine y associent des noisetiers, des chèvrefeuilles, des frênes, des chênes et des ormes. Ce type de haie, attestée dans la région dès le XVIe siècle, semble avoir été à l’origine constituée majoritairement d’aubépines et d’ormes que la graphiose a fait disparaître. L’influence du milieu forestier est souvent très nette dans ces haies, puisque l’on y trouve fréquemment tamier, fusain, bouleaux, genêts et ajoncs, accompagnés de fougères. Ces haies ne sont pas les plus anciennes de Montviette. Certains relevés montrent en effet que les haies de houx, longues de plusieurs centaines de mètres, ont été réparées sur de courtes distances avec des aubépines. D’après Christophe Maneuvrier, ‘Paysages et sociétés rurales au Moyen Age : le Pays d’Auge jusqu’à la fin du XIIIe siècle’, Université de Caen, 2000. |
 Plantée auprès du lavoir |
L’aubépine plante remède, plante magique
L’aubépine est un arbre consacré à la Vierge. On le trouve souvent autour du lavoir communal. On y met à sécher les linges du nouveau-né afin de lui assurer la protection de la Vierge. Près de Saint-Pierre-sur-Dives, pour le traitement des rhumatismes on recommande de frictionner l’articulation en cause avec des fleurs d’aubépine. Au Mesnil-Durand, le fruit de l’épine blanche en confiture soigne la bronchite. Charles Leroy rapporte, dans ‘Paysans normands au XVIIIe siècle’, que ‘pendant la nuit du 30 avril au 1er mai, les amoureux plantaient sous la fenêtre de leurs fiancées des branches d’arbres ornées de rubans. Chaque branche avait sa signification. Le bouquet d’aubépine est un signe certain de rupture, parce que celle dont il a voulu faire sa compagne avait le caractère difficile et ‘pointu comme une épine’. |
 Plantée autour de la mare |
Ses usages
Les inventaires menés sur les 300 mares de Montviette montrent que la plupart d’entre elles, et plus particulièrement celles sur le plateau, sont protégées par des épineux. L’arbuste le plus fréquent est le prunellier, vient ensuite l’aubépine. La haie agraire est une marque de propriété chargée d’un fort pouvoir symbolique puisqu’un simple pied d’épine suffit à servir de limite. Son bois très dur sert aux tourneurs, qui fabriquaient de la vaisselle en bois. ‘L’aubépine, un beau manche, on le fait sécher dans le four du boulanger quand le pain est enlevé. Ça donne un manche inusable.’ Dans 'La plante compagne', Pierre Lieutaghi écrit : ‘Des recueils culinaires anglo-normands des XIIIe et XIVe siècles proposent des recettes à base de fleurs où l'aubépine, le sureau et la rose constituent l'ingrédient essentiel.’ | |
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