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L’argiope |
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Un matin au marais à Montviette, l’Argiope tisse sa gigantesque toile, accrochée aux joncs et carex. Cette araignée affectionne les zones humides. Ses couleurs fascinent autant l’observateur que son piège sème la terreur parmi ses proies.
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 L’Argiope bruennichi |
Le fauve du marais
L’Argiope bruennichi est une grande araignée caractérisée par des bandes noires séparant des zones blanches et jaunes sur son corps et ses pattes. Ces couleurs vives, rappelant celles de la guêpe, semblent indiquer aux potentiels prédateurs qu’elle n’est pas comestible. Comme pour la plupart des araignées, le dimorphisme sexuel est très important : la femelle mesure de 15 à 25 millimètres, contre 4 à 8 pour le mâle. Elle tisse une grande toile de 30 centimètres de diamètre près du sol, dans la végétation basse. On peut parfois observer, dans un fossé, une succession de toiles parallèles de plusieurs individus. |
 Sur sa toile |
Une véritable orfèvre
La toile de l’argiope présente une signature particulière. De forme ronde, elle possède au milieu un ou deux zig-zags appelés ‘stabilimentum’. Son usage n’est pas encore certain mais plusieurs hypothèses existent : camoufler la silhouette de l’araignée, renforcer la solidité de la toile en évitant la déchirure, attirer les insectes, permettre à l’araignée d’estimer la taille de ses proies. Les fils de construction de la toile sont produits par des glandes situées dans l’abdomen. Les poils cireux sur les pattes les empêchent de coller à la toile. |
 Pris au piège |
Un combat inégal
La brume se dissipe à peine, la rosée baigne encore le marais. Les papillons volent distraitement entre les chardons. Tandis que l’argiope, tapie au centre de son piège infernal, attend. La proie qui se prend dans ses fils n’a aucune chance de sortir vivante du piège. Alertée par les mouvements désespérés du papillon, l’araignée qui n’y voit presque rien, se dirige vers sa victime. Elle l’emmaillote dans un cocon de soie et lui donne le coup mortel de ses mâchoires venimeuses. La proie morte sera digérée puis aspirée par la maîtresse de la toile. |
 Le nid de l'araignée |
Au creux du cocon
La reproduction de l’argiope est mortelle pour le mâle. C’est lui qui vient séduire la femelle sur sa toile. S’il n’est pas pris pour une proie, il va stocker son sperme dans une cavité de la femelle appelée ‘spermathèque’. Ainsi fait, il meurt et finit dévoré par la femelle. Elle construit alors deux ou trois petits cocons dans lesquels elle pond les œufs fécondés. Cette protection ressemble à une minuscule montgolfière, haute de 15 millimètres. Les œufs, entre 4 et 600, sont installés au centre et enveloppés d’un formidable isolant thermique, la soie, qui va les protéger tout l’hiver. Les rayons chaleureux du printemps réchauffe l’air enfermé dans le cocon et le font éclaté. Les jeunes araignées libérées, partent investir de nouveaux territoires. | |
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