Les lavoirs de Montviette


A l’évocation du mot lavoir, la première image qui vient à l’esprit est celle d’un point d’eau où les femmes se retrouvaient pour rincer le linge. Si elle n’est pas fausse, cette idée est cependant incomplète. En effet, il y avait à Montviette et probablement sur tout le Pays d’Auge, autant de lavoirs que de fermes.

La lessive à la maison

Les jours de grande lessive

Le lavoir ne désigne pas l’endroit où on lave mais où on rince le linge. La lessive est une tâche réservée à la femme. 'Tous les 15 jours, le linge était lavé au baquet et séché mais pas bouilli.' La coutume était de faire la 'buée' (grande lessive) deux fois par an. Les cendres de frêne et de pommier étaient soigneusement gardées. L’eau de pluie remplissait les seaux. Le linge était disposé dans le grand cuvier en bois placé sur un trépied sur le feu. Puis recouvert du 'charrier', une grosse toile, et d’un seau de cendre. L’eau chaude versée avec un 'pucheux' s’infiltrait entre les couches de linge et s’écoulait par un robinet. L’eau recueillie était remise à chauffer et reversée sur la cendre. Le linge sorti de la cuve était mis sur des brouettes et descendu au lavoir. 'Là, les langues et les battoirs allaient bon train.'

Le lavoir couvert

Les différents types de lavoirs

Il existe deux types de lavoirs : couvert et 'à tout vent'. Les matériaux et l’emplacement sont très divers. Le lavoir pouvait être : maçonné en briques, en planches, ou un simple glacis. Il était parfois couvert en ardoises, en bois. Tous les lavoirs n’étaient pas cimentés, parfois c’était une simple planche au-dessus de l’eau, d’autres n’avaient qu’un sol en terre battue. Mais 'il fallait un lavoir propre', 'on redonnait souvent un coup de brosse.' Ainsi ce lavoir couvert en ardoise, fermé des trois cotés avec une petite porte, permettait d’être à l’abri. L’emplacement du lavoir varie : au-dessus du ruisseau, dans le bas de la cour, au-dessus de l’étang, de la mare. Dans ce cas, il est protégé par des piquets et une grande perche pour que les bêtes n’aillent pas 'barouiller' l’eau.

Le lavoir communal

Un lavoir à visiter

‘Chaque ferme avait son lavoir’ mais il existait aussi des lavoirs publics. A Montviette, le lavoir communal, alimenté par la source Catherine, permettait aux femmes qui manquaient d’eau sur le plateau l’été, de venir rincer le linge de la maisonnée. C’était aussi une réserve d’eau potable. Sous la sortie de la source une grande cuve en fonte, probablement un ancien fourneau à lessive, servait de réserve d’eau où chacun pouvait venir puiser. Il a été restauré pour devenir une station du parcours balisé ‘D’arbre en arbres’. On y raconte les coutumes liées aux grandes lessives de l’année et les précautions à prendre ces jours-là. ‘Ainsi, les jours de grande lessive, on n’arrose pas le jardin...’

Lieu de rencontre des femmes

Les autres usages des lavoirs

Le lavoir n’était pas un domaine réservé aux femmes. On venait y puiser l’eau au bidon pour laver le beurre. ‘Pour rincer il faut que l’eau soit claire.’ Les hommes enlevaient la ‘canie’ avec un croc ou un râteau. Ils venaient aussi au lavoir pour y laver les toiles à marc, les pelles, les outils, les brosses. Le matériel de la laiterie, ce sont les femmes qui s’en occupaient. L’aubépine plantée en haie autour du lavoir, on y mettait à sécher les linges du nouveau-né afin de lui assurer la protection de la Vierge.