Les « baletières »


Les « baletières », ou marchandes de balais, s’appelaient Jeanne, Aimée, Adrienne. Avec leur famille, elles vivaient un peu en marge du village de Montviette, sur le chemin de l’Orée. Dans les fermes, lorsque le balai d’écurie était usé, on attendait avec impatience leur passage.

La cabane des 'baletières'

Une cabane en lisière du bois

Les 'baletières' vivaient dans des cabanes construites dans les bois. Elles utilisaient tous les matériaux disponibles : de petites branches de noisetier, des fougères, de l’argile. La cabane était faite en bois tressé, avec des fougères sur le toit et du torchis sur les murs. Grâce à des témoignages et à une photo prise dans la forêt de Saint-Sever en 1900, l’association a reconstitué leur cabane, visible sur le parcours 'D’arbre en arbres', à découvrir toute l’année à Montviette.

Dans la forêt de Saint-Sever en 1900

Elles vendaient leurs balais de ferme en ferme

Elles fabriquaient et vendaient des balais. Elles passaient de ferme en ferme, leurs balais attachés par 12 sur le dos. Les balais étaient faits avec les différentes plantes qu’elles trouvaient dans les bois : en bouleau pour les étables, en bruyère pour la laiterie, en genêt pour le sol en terre battue, en épine pour ramasser les feuilles le long des haies. Les baletières attrapaient aussi les vipères pour les vendre chez le pharmacien à Livarot qui en faisait un antivenin.

Du hérisson au menu

Elles mangeaient des poules et des hérissons

Elles chinaient des morceaux de pain, de lard et les poules dont on se débarrassait dans les fermes. Elles cuisaient les poules sans les plumer, en les vidant seulement. Elles les enrobaient de glaise et les faisaient cuire sur les braises. Elles brisaient ensuite la glaise qui se détachait en arrachant les plumes. Les poules étaient cuites. Elles mangeaient aussi des hérissons.

Disparues en 1940...

Un habitant de Montviette se souvient : "Un jour, l'une d'elles a accouché dans le fossé en face de la maison. Pendant que le petit 'se dérétillait' au soleil, elle est venue demander un pot de cidre. Elle l'a avalé d'un seul coup, sans doute pour passer la fièvre. Elle n'est pas morte, le petit non plus." Pendant la guerre, les Allemands les ont emmenées dans un car. Elles sont parties du Billot. On ne les a pas revues.