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La mare et l’agriculture |
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Avant l’adduction d’eau courante, en 1970 à Montviette, les habitants utilisaient l’eau des mares pour les activités de la ferme. Pour garder l’eau propre, un entretien régulier était nécessaire.
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 Le partage |
La mare abreuvoir
"Autrefois on préservait la mare, on pensait aux bêtes. On faisait un partage. S’il n’y a pas de partage, les vaches font leurs besoins dans l’eau et l’infectent." La bonne eau étant précieuse, la mare faisait l’objet de beaucoup de soins. "Le trou après la mare était fait exprès pour avoir de la bonne eau". On ne laissait pas les canards aller n’importe où car "les canards barouillaient toute la flotte'. Mais comme les poules d’eau, ils aiment la ‘cannie’. La ‘cannie’ : ce sont les petites lentilles vertes qui recouvrent les eaux stagnantes. |
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Pour fabriquer le cidre
Avant 1960, chaque ferme fabriquait son cidre, dont une grande partie était destinée à la vente. On fabriquait aussi la ‘boisson’, un cidre léger coupé avec de l’eau de rivière, de puits ou de mare. Une boisson ordinaire consommée en grande quantité. Il est rare qu’un Normand boive l’eau pure, car elle peut être porteuse de maladies. En revanche, la fermentation du cidre permet d’éliminer les bactéries indésirables. Pour le pilage du cidre, on prenait l’eau dans une belle mare. Une 'mare nette' est une mare où il y a de la belle eau. On ne mettait pas de bêtes autour. En fin de saison, on lavait les toiles à marc, les ‘pouques’ et les sacs à pommes à la mare. Les tonneaux étaient lavés et frottés avec des branches de genévrier qui désinfecte. |
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Pour rincer les ustensiles de la laiterie
Chaque ferme fabriquait aussi ses fromages : le livarot, le camembert ou le pont-l’évêque. Là encore, la mare est indispensable : après avoir frottés les bidons en fer avec de l’ortie et de la cendre, ils sont lavés et rincés à la mare avec les seaux à lait, la passoire, les ‘cliches’ (moules à fromages) en fer, la poêle à lait (récipient en terre dans lequel le lait repose pour que la crème remonte). Les planches à fromages sont mises à tremper trois ou quatre jours. Par contre, pour rincer le beurre, on prenait l’eau dans une fontaine car elle est plus fraîche et n’a aucun goût. |
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Un bon coup de 'pello'
"Les mares doivent être curées tous les six ans par le fermier, même s’il les a reçues non curées". A Montviette, on les curait aussi en période de sécheresse. D’abord l’eau restant au fond de la mare était évacuée avec un ‘pucheux’. Mais le gros travail reste à faire : sortir la vase gluante. Trois ou quatre hommes s’attèlent à cette corvée. La mare était curée avec un récipient cylindrique métallique, muni d’un long manche. "Il fallait un bon coup de ‘pello’ pour jeter la vase loin." La vase était mise en tas au bord de la mare et séchait tout l’automne. Elle était ensuite épandue au pied des pommiers ou mélangée à du fumier pour faire du terreau. "Celui qui avait assez de vase avait de l’herbe pendant deux ou trois ans." | |
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