Des amphibiens à protéger en Pays d’Auge


Les mares du Pays d’Auge sont le lieu indispensable à la survie de nombreuses espèces d’amphibiens, qui ont besoin d’eau pour le développement de leurs petits. Les menaces qui pèsent sur les points d’eau touchent aussi ces animaux sensibles.

Le triton crêté

Les tritons

Les tritons passent l’hiver enterrés dans le sol ou sous de vieilles souches ou des pierres. Ils sortent à la fin de l’hiver pour se reproduire et passent le printemps dans l’eau. C’est à cette période que le dimorphisme sexuel est le plus marqué. Les mâles présentent une membrane natatoire très visible (la crête) et des couleurs vives. Les tritons changent de peau de temps en temps. Ce sont des animaux nocturnes. Quatre espèces ont été inventoriées dans les mares de Montviette : le triton alpestre (Triturus alpestris), le triton ponctué (Triturus vulgaris), le triton palmé (Triturus helveticus) et le triton crêté (Triturus cristatus). Ce dernier doit son nom au fait que le mâle garde sa crête toute l’année. C’est la plus grande espèce de triton (jusqu’à 18 cm). Il se nourrit d’insectes aquatiques, de mollusques, de larves d’amphibiens et parfois même de tritons !

Le crapaud accoucheur

Parmi les espèces de crapauds présentes en pays d’Auge, le crapaud accoucheur (Alytes obstetricans) a un système de reproduction original. Il mesure à peine 5 centimètres de long. La fécondation a lieu non pas dans l’eau, mais à terre. Quand la femelle commence à expulser ses œufs, le mâle les féconde. Il enroule autour de ses pattes postérieures un cordon de 50 à 80 œufs. Il porte ainsi les œufs pendant un mois et veille à les garder humides. Il les mouille tous les jours dans la rosée ou dans l’eau. Au bout d’un mois, le crapaud s’installe dans une eau calme, le temps que les têtards naissent. Il leur faudra un an pour se métamorphoser et devenir adultes. Les crapauds sont des animaux calmes, qui s’abritent dans la journée sous des pierres ou dans des trous qu’ils creusent. Ils se nourrissent de petits invertébrés.

La grenouille rousse

Les grenouilles communiquent

A la saison des amours, les grenouilles se font entendre depuis les étangs et les mares, parfois jusqu’à plus d’un kilomètre. Le mâle de la grenouille verte a au coin de la bouche des résonateurs, qui se gonflent et servent à amplifier les sons. Ces chants sont indispensables à la reproduction. Quatre espèces de grenouilles vivent autour des mares de Montviette. La grenouille verte (Rana esculenta) est la plus aquatique, passant toute la belle saison dans ou près de la mare. La petite grenouille verte (Rana lessonae) est reconnue par les spécialistes. La grenouille agile (Rana dalmatina) et la grenouille rousse (Rana temporaria) se ressemblent. Elles ne rejoignent la mare qu'au moment de la reproduction et passent le reste du temps dans les bois ou au pied des haies. Elles ont une tâche marron derrière l’œil. La grenouille agile doit son nom à son aisance dans les sauts qui peuvent dépasser un mètre de long.

La protection des amphibiens

Les augerons avaient l’habitude de pêcher les grenouilles pour en consommer les cuisses. Mais depuis 1978, les amphibiens sont protégés. En effet, la diminution des zones humides et la disparition massive des mares ont eu des conséquences sur les populations car tous, à un moment de leur cycle, ont besoin d’eau stagnante. Mais l’interdiction ne suffit pas. Des passages (crapauducs) sont aménagés au niveau des routes pour éviter aux animaux de se faire écraser au cours des migrations pour rejoindre leur lieu de reproduction. Un autre moyen de préserver les amphibiens est de restaurer ou de créer une mare dans son jardin. Une fois colonisée par les plantes et la microfaune, elle deviendra un lieu de vie pour les amphibiens. Un véritable écosystème naîtra alors, qui enrichira la biodiversité du jardin. Il faut cependant veiller à ne pas utiliser de pesticides, responsables de la pollution de l’eau.