Plantes alimentaires disparues


Amenées par les Romains, le muscari à toupet, la vigne, l'ortie romaine et le petit souci des prés n'ont pas su se naturaliser et s'installer définitivement dans la flore locale. L'abandon de l'usage a fait disparaître la plante...

La dernière vigne

Les Romains ont imposé la culture de la vigne en Normandie lors de la conquête de la Gaule. En pays d'Auge, jusqu'au XVe siècle, elle est cultivée sur l'ensemble du territoire, sur les coteaux les mieux exposés, à l'est et au sud. Elle décline ensuite au profit du pommier et en raison des importations des vins du Sud. Le dernier vignoble normand a été arraché en 1830 sur le coteau d'Argences. Il en subsiste toutefois encore trois pieds, deux à grains blancs et un à grains roses.

Le muscari 'à toupet'

Compagnon de la vigne, le muscari 'à toupet', Muscari comosum, était cultivé par les Romains qui le consommaient en 'asperge', mangeant le bouton floral. François Gidon, médecin et chercheur caennais du début du XXe siècle, affirme que "les Romains aimaient aussi manger le bulbe du muscari". On peut encore en observer une très belle station à Sallenelles, à l'arrière de la dune.

Le souci des prés

Le souci des prés est appelé aussi 'souci des vignes'. Il est venu avec la culture de la vigne. Il a subsisté plus longuement dans la flore locale, privilégié par ses différentes utilisations. Il servait à parfumer la soupe au congre sur l'île de Jersey. Parfois ses feuilles étaient confites au vinaigre pour remplacer les cornichons. Enfin les fermières l'ont cultivé au jardin jusque vers 1950 : elles se servaient de ses pétales pour colorer le beurre d'hiver ou 'beurre d'étable'.

L'ortie romaine

Selon le Muséum d'histoire naturelle, l'ortie romaine ou ortie 'à pilules' aurait été introduite par les Romains dans le Calvados, car ils étaient particulièrement friands des jeunes tiges qu'ils mangeaient comme des asperges. Sa culture s'est répandue à l'ensemble du pays d'Auge puisqu'on la rencontre encore à Pontchardon dans l’Orne et près de Saint-Pierre-sur-Dives au XIXe siècle. Aujourd'hui elle a totalement disparu de Normandie.