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Les plantes de la guerre |
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Le mauvais temps, les crises économiques et la dernière guerre ont amené au jardin des plantes qui n’y avaient jamais été cultivées auparavant pour remplacer le café et le tabac.
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Le 'café de jardin'
L’habitude de boire du café au repas du dimanche a été prise à la fin de la Première guerre mondiale. Lorsque les denrées d’importation ont manqué, il a fallu remplacer le café.
"Aux environs de Domfront (Orne), on cultivait deux plantes à l’usage exclusif de la fabrication du café : une fève et un lupin. J’ai retrouvé des carrés de lupin à café, en 1940, dans des jardins paysans à Domfront et à La Chapelle-Haute-Grue. Le lupin bleu est parfois cultivé sous le nom de 'pois café' ou de 'café turc'. Les graines sont petites, gris-blanc, avec des marbrures irrégulières d’un brun noirâtre", écrivait le naturaliste Auguste Chevalier. |
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Les substituts au café
"Enfants, pendant et bien après la guerre, on nous envoyait récolter à la campagne deux ou trois rangs d’une fève très grande, cultivée pour le café. Les gousses étaient mises à sécher à l’abri. Le grilloir, que l’on se passait de ferme en ferme ou que l’on empruntait à l’épicerie du village, était un cylindre qui tournait au dessus de la braise. Ce café était très gras. Un autre produit de remplacement du café fut la carotte jaune : on les coupait en tranches minces pour les griller au four jusqu’à ce que les morceaux soient cassants et d’une belle couleur marron. On pouvait alors les moudre." D’autres témoins mentionnent l’usage de l’orge, des fruits de l’aubépine et des glands séchés et grillés pour remplacer le café. |
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"On a fumé des feuilles de noyer"
Le tabac a aussi beaucoup manqué. Certains ont pu se procurer en Belgique des graines d’un grand tabac difficile à faire sécher. A défaut, d'autres ont dû rechercher des plantes à sécher. "On a fumé des feuilles de topinambour et des feuilles de noyer. Il fallait les faire sécher et les couper en petits morceaux pour mettre dans la pipe." A Lisieux, d’autres se souviennent avoir fumé des feuilles de pomme de terre et des pétales de rose. |
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Le pain d'orge
Pendant la guerre, à Montviette, la crème a remplacé l’huile pour assaisonner la salade.
Le pain était aussi une denrée rare et pâtissait du manque de farine de qualité. A Montviette, le pain chez le boulanger était fait avec de la farine d’orge. Certains gardent le souvenir d’un pain immangeable. Marguerite se souvient qu’une fois, l’écorce s’est enfoncée dans sa gencive. La farine était si mauvaise que les boulangers ont attrapé la gale du pain. | |
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