La flore des chemins du pays d'Auge


La diversité des haies, composante biologique des chemins, est le principal facteur du maintien de la biodiversité du Pays d’Auge. Ce réseau dense et continu est essentiel à la dispersion des espèces floristiques. Il a été étudié par Stéphane Marie, étudiant en BTS gestion et protection de la nature, stagiaire à l’association en 2003.

Les chemins, corridors écologiques

Le village de Montviette a un réseau dense de 28 km de chemins, résultant de la transformation du paysage depuis les premiers défrichements. Les chemins augerons sont des voies de communication, encadrés par des haies, plantées sur talus ou non. Jusqu’en 1960, ils étaient utilisés par les hommes. Mais ils sont aussi le squelette de la biodiversité floristique du bocage. Les études menées par des botanistes (spécialistes ou stagiaires) ont révélé qu’il y avait autant de richesses dans les strates herbacées et arborescentes que de types de chemins, répartis du plateau au fond de vallée. Les graines et les fruits des plantes se dispersent le long des chemins.

Les chemins de fond de vallée

Les chemins de fond de vallée sont bordés de prés et traversés de nombreuses sources. Ils accueillent des espèces qui aiment l’eau, l’humidité et l’ombre. Pour vivre à l’ombre de l’aulne, du saule et du peuplier noir, les herbacées ne doivent pas être exigeantes en luminosité. Les espèces caractéristiques rencontrées dans ces chemins sont le jonc des crapauds, le jonc piquant, le cirse maraîcher appelé 'chardon maraîcher' et la scolopendre, une fougère. Dès le mois de janvier et tout au long du printemps, les talus se tapissent de ficaires, de primevères 'coucous' et de pulmonaires semblables en fleurs. La prêle, 'queue de renard', se déploie à partir du mois d’avril et persiste jusqu’à l’automne. En février, il est fréquent de rencontrer la pézize écarlate, un champignon rouge vif.

Les chemins de versant

Les chemins de versant sont bordés de prés et de nombreuses mares. Ils sont cernés de talus très élevés. Les arbres qui composent les haies ont de solides racines qui tiennent le talus. Le feuillage abondant limite la pénétration de la lumière et donc le développement d’une strate herbacée diversifiée. Les arbres qui composent ce type de haies sont essentiellement le houx et le noisetier. Les fleurs qui tapissent ces talus sont les primevères officinale et élevée, la campanule étalée, le géranium 'herbe à Robert', la mélique, la gesse des prés, la lapsane, l’oseille sauvage et le lierre.

Les chemins de plateau et de replat

Les chemins de plateau et de replat sont bordés de champs cultivés et de prairies maigres. Les talus sont petits voire absents. Les arbres sont plus espacés ; ce qui permet à la lumière d’éclairer la strate herbacée. On voit alors fleurir de nombreuses espèces : l’anémone sylvestre, la stellaire holostée, la campanule, les orchidées, le cerfeuil, l’arum, l’achillée millefeuille se succèdent de mars à juillet. Elles constituent la flore des bords de routes.