Le voyage des fleurs


Aux XVIIIe et XIXe siècles, quelques aventuriers quittent leur terre natale et partent à la recherche de nouvelles plantes. Du "Nouveau Monde" et d'Amérique du Sud, ils ramènent arbres et plantes à fleurs qui vont orner les jardins du Pays d'Auge. On les appelle des "chasseurs de plantes"...

Le marronnier rouge

Le voyage de Victor Leroy

Victor Leroy a 23 ans en 1778 quand il quitte Lisieux pour l'île de Saint-Domingue. Pour payer son voyage, il emporte des caisses de poires ‘bon chrétien‘. Après la révolution des esclaves, il s'installe à Boston où il rencontre le botaniste François-André Michaux. Pour lui, il parcourt les forêts du nord et envoie régulièrement à Paris et à Londres des graines d'arbres inconnus. Il serait à l'origine de l'introduction de l'oranger des Osages, du pommier à odeur, de la glycine de Chine et du marronnier à fleurs rouges. Pourtant les découvertes de Victor Leroy ne lui ont jamais été reconnues.

Diervilla

Parti de Pont-l'Evêque

En 1696, de Dierville, chirurgien de l'hôpital de Pont-l'Evêque, abandonne sa charge de médecin, sa famille, sa ville et s'embarque pour l'Acadie. Il devient "chasseur de plantes" et le restera. Il enverra des arbustes à fleurs poussant à l'état sauvage au Canada. Ils sont confiés au Jardin du Roy. L'un deux lui sera dédié : le Diervillea canadensis, arbrisseau à fleurs jaunes. D'autres arbustes d'Amérique du Nord sont introduits dans les jardins à la même époque : la symphorine, l'arbre aux anémones, le mahonia...

Le dahlia

C'est un dahlia à fleur simple que le botaniste Bonpland avait découvert au Mexique et expédié à différents jardins botaniques d'Europe. Quand la pomme de terre est malade du mildiou vers 1845, on ira rechercher ces tubercules que consommaient les Mexicains. Peu accepteront d'en manger. Le dahlia deviendra une plante ornementale. Pourtant, en Cotentin, on se souvient avoir fait de l'alcool avec le tubercule pendant l'occupation allemande.

Pour remplacer la pomme de terre

Au milieu du XIXe siècle, la pomme de terre est enfin adoptée par les Normands. En 1846, le mildiou ravage les récoltes. Des expéditions de chasseurs de plantes partent vers l’Amérique du Sud et rapportent de nouveaux tubercules alimentaires. Ils sont essayés dans des jardins expérimentaux. Autour de Lisieux, la société d’émulation tente d’acclimater la glycine tubéreuse, le cerfeuil tubéreux et même la capucine tubéreuse. Presque immangeables, ils finiront au jardin ornemental.