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Les arbres du marais |
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Les nombreuses sources traversant les parcelles et le chemin de Montviette à l’église de la gravelle font de cet endroit un lieu trop humide pour y accueillir autre chose que les trois arbres supportant de vivre les pieds dans l’eau : le saule, l’aulne et le peuplier.
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Vivre au marais
Les arbres spontanés des marais normands sont le saule et l’aulne. Ces arbres ont servi aux paysans à drainer les terres du marais de la gravelle pour y travailler. Le drainage était réalisé avec des perches de cinq mètres en aulne (le bois est imputrescible) recouvertes de terre. Malgré cela, les terres étaient trop humides pour accueillir des bêtes adultes à pâturer. Une ancienne exploitante se souvient : « que les bêtes, on ne les mettait qu’au beau temps. On mettait des veaux à 15 mois, un peu, puis on faisait du foin, après on remettait les bêtes ». Lors de la dernière guerre, Montviette étant occupé par l’armée allemande, le marais a été bombardé. Les trous de bombes ont servi à mettre des animaux morts mais surtout ils ont entraîné la destruction du système de drainage et la fin de l’exploitation de ces parcelles. |
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Le saule pour faire des paniers
Les espèces de saule spontanées en Normandie sont le saule cendré, le saule marsault, le saule cassant et le saule osier. Les augerons ont trouvé de multiples usages au saule. Ses grosses branches étaient utilisées pour former les cercles de tonneaux. Le saule fendu faisait des liens pour tenir les greffes et les arbres en espaliers. Il servait à confectionner des cages, des paniers et des corbeilles que les paysans achetaient les jours de foires. |
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L'aulne pour faire des fagots
L’aulne visqueux a des feuilles arrondies et surtout des fruits très reconnaissables car ils ressemblent à des minuscules pommes de pins, ce sont les strobiles. Son bois ne s’altère pas dans l’eau, c’est pourquoi des fagots d’aulne ont servi à drainer les terres humides en remettant de la terre ou des cailloux par-dessus les lisses pelées. L’aulne fait un mauvais bois de chauffage mais il était bon pour faire des ‘antes’ (manches) de faux, des clôtures, des gaules, des lisses et des mats pour les fêtes. La présence ancienne des aulnes dans le paysage a donné son nom à une parcelle que les habitants appellent « l’aunaie » et qui longe le chemin de la verneusse. Celui-ci tire son nom de ‘verna’ qui signifie ‘aune’ en ancien français. |
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Le peuplier
Le nom peuplier vient du latin ‘populus’ peuple. Ce lien s’est concrétisé lors de la Révolution, lorsque dans toutes les communes sont plantés les arbres de la Liberté. Une exception en pays d’Auge : à Montviette ce fut un tilleul au lieu d’un peuplier. A la gravelle, les peupliers dans l’aunaie étaient plantés pour être vendus à l’usine Leroy de Saint-Pierre-sur-Dives. L’usine redonnait du bois déroulé au père Varin. A l’aide de petits clous, il fabriquait les cliches (moules) à livarot. Le bois du peuplier avait de nombreux autres usages : allumettes, bardage, bois de chauffage, patin de freinage des charrettes (car il n’use pas le fer et n’écale pas), chevrons en bois brut non travaillé, lisses, sommier de lit. Le peuplier fait partie des arbres taillés en têtard en pays d’Auge. Il est censé attiré la foudre et porte le nom particulier de ‘bugle’. | |
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