

|
La pulmonaire semblable |
|

|
|
Il était une fois à Montviette, une plante qui pendant longtemps en a caché une autre... Au creux du marais de la Gravelle, la pulmonaire semblable se tapit au plus près des sources et égaie le marais dès le printemps de ses fleurs bleues et roses.
|
 |
Un peu d’étymologie
Le nom de pulmonaire est l’illustration de la « théorie des signatures », principe médical utilisé au Moyen Age. Les hommes, constatant que certaines plantes présentaient dans leur forme (fruits, fleurs, feuilles) des similitudes avec un organe ou un membre du corps humain, ont attribué à ces plantes le nom de la partie du corps correspondant. C’est ainsi que la pulmonaire doit son nom à ses feuilles tâchées de blanc, rappelant les poumons malades. |
 |
La découverte
Tout commence à Montviette qui, à la création de l’association Montviette Nature, devient le terrain d’études privilégié des spécialistes bas-normands de toute discipline naturaliste. En 1997, lors d’un vaste programme d’études sur les mares de Montviette, le botaniste Michel Provost fait une découverte surprenante : la pulmonaire jusque là identifiée comme la pulmonaire à longues feuilles ‘Pulmonaria longifolia’ se révèle en fait être la pulmonaire semblable ‘Pulmonaria affinis’. Découverte surprenante car la pulmonaire semblable n’a jamais été repérée au nord de la Loire auparavant. |
 |
Description de la pulmonaire
Les promeneurs du pays d’Auge ayant déjà traversé le marais de la gravelle n’ont pas pu la confondre. Ses feuilles vert foncé pouvant atteindre 20 cm de long sont présentes toute l’année sur les talus humides. Elles sont reconnaissables à coup sûr grâce à ses nombreuses taches blanches qui les parsèment. Ses clochettes apparaissent à la sortie de l’hiver, en février, au bout d’une tige de 10 à 15 cm, et s’épanouissent en rose et bleu de mars à avril. D’abord localisée sur quelques mètres, la pulmonaire semble se plaire dans ce milieu puisqu’elle a maintenant colonisée plusieurs talus, à 100 mètres de son point d’origine. |
 |
Une espèce à protéger
Son inexplicable présence, qui a laissé les botanistes longtemps dans l’erreur lui a valu, une fois découverte, toutes leurs attentions et la voilà maintenant en passe d’être classée espèce protégée en Basse-Normandie. Même si elle s’épanouit à Montviette, elle reste rare à l’échelle de la région. A moins qu’à l’occasion de son classement, d’autres stations soient découvertes. Les promeneurs sont donc invités à ne pas la cueillir lorsqu’ils la rencontrent. | |
|