

|
Pés, poués et fèves |
|

|
|
Venu d’Amérique latine, le haricot s’implante en Europe du nord au XVIIIe siècle. En Normandie, il remplace alors fèves et pois à qui il emprunte les noms.
|
 Fèves violettes |
Pés, poués et fèves
Louis Dubois, ainsi que François Gidon, note que jusqu’à la fin du XIXe siècle, les Normands appliquent aux haricots nouvellement introduits le nom des légumineuses qu’ils consommaient auparavant. 'Fèves et pois' sont aujourd’hui encore en usage chez les plus anciens. Les haricots sont à rames, ils se mangent secs ou 'entre verts et secs'. Au milieu du XIXe siècle se répand la mode des haricots sans parchemin ou 'mange-tout'. Des jardiniers normands vont mettre en œuvre leur savoir-faire et sélectionner des variétés nouvelles. Certaines connaîtront même une renommée nationale, comme le fameux haricot 'petit carré de Caen'. |
 Petit Carré de Caen |
Le fameux haricot 'petit carré de Caen'
Le 3 septembre 1868, G.Thierry, conservateur du Jardin Botanique de Caen, fait une communication devant les membres de la Société d’Horticulture à propos du haricot 'petit carré de Caen'. 'Il ne garde sa tendresse et sa qualité culinaire que dans nos sols bas-normands si fertiles et si plantueux…Vers 1844, j’en avais vu un pied dans le potager de Madame la Marquise de Canisy à Fontaine Henry. Ces haricots étaient sortis des jardins des anciens Prémontrés d’Ardennes… Son grain est petit, aplati, aux extrémités presque carrées, d’où son nom de 'petit carré'. Il deviendra ainsi ce fameux haricot, commercialisé jusque vers 1960. Par mutation et sélection, une variété naine sera obtenue ensuite mais elle n’aura jamais la réputation du précédent. |
 Glanes de cocos |
Haricots typiquement normands…
De nouvelles variétés locales apparaissent chez les cultivateurs grainiers et dans les graineteries de Normandie : le 'flageolet prolifique de Lisieux', le 'petit carré de Caen nain blanc', le haricot à rames 'blanc de Domfront'. Les enquêtes menées par l’association ont révélé l’existence d’un haricot 'coco de Caen'. Il se consomme sec dès la fin de l’été. Près d’Orbec, une grand-mère confectionnait traditionnellement une tarte aux cocos blancs qu’elle servait à ses petits-enfants. Ils nous ont confié cet usage et gardent le souvenir d’un mets absolument délicieux. Nous aimerions en retrouver la recette. La plupart de ces variétés sont bien identifiées par les spécialistes. Les amateurs leur reconnaissent rusticité et saveurs fines. Toutefois certains haricots restent introuvables. Le grainetier du Moulin de Vimoutiers avoue : 'Quelques variétés n’ont jamais existé, dans les sachets de 'carotte de Lisieux' on mettait de la 'Nantaise' seulement pour satisfaire les jardiniers !' |
 Haricot du Saint Sacrement |
…Et autres fameux à sauvegarder
Le haricot du Saint Sacrement était connu de plusieurs familles dans les jardins autour de Dozulé et dans l’Orne. Sur les marchés de Bernay et d’Evreux, était vendu le 'flageolet à feuilles d’ortie'. Enfin, dans la région de Rouen, le haricot à rames 'des marais' avait acquis une solide réputation. Ce légume typiquement normand, comme la plupart des variétés précédemment citées, n’est plus cultivé qu’en de rares petits jardins. Ils méritent tous d’être sauvegardés au titre du patrimoine normand. | |
|